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Entrevue | Olivier Brett : avancer sans hésiter

Olivier Brett, photo de son compte twitter @Olivier_Brett

Le 2 novembre dernier, Surlebanc a eu la chance de s’entretenir avec Olivier Brett, l’animateur du FC 919 au 91,9 sports, mais également animateur et analyste à RDS et descripteur des matchs de l’impact à TSN 690. Voici ce qui est à retenir de cet entretien d’un peu moins d’une heure, et surtout son opinion de certains aspects.

Qui est Olivier Brett ?

D’origine irlandaise, Olivier Brett se retrouve dans une famille qui s’intéresse grandement au soccer. Son père a notamment une école de soccer à Québec depuis 25 ans.

Malgré ses autres pratiques sportives, c’est ce sport qui a mené Olivier a représenter le Québec sur la scène nationale. Il a également joué pour l’Attak de Trois-Rivières.

Par ailleurs, Marc Dos Santos, actuel entraîneur-chef des Whitecaps de Vancouver, lui a déjà dit qu’il ne serait pas le meilleur sur le terrain, mais qu’un joueur comme lui, il en a grandement de besoin pour bâtir son club et qu’il sera grandement utile grâce à sa résilience et son ouverture à apprendre.

Après sa carrière de joueur, il fonce rapidement vers de nouveaux défis en devenant entraîneur adjoint de l’équipe U21 de l’Impact de Montréal. Il devint par la suite le directeur des écoles de soccer du onze montréalais.

Ce que retient Olivier Brett de son parcours est qu’il est important pour un joueur de créer ses propres opportunités et qu’il ne faut pas avoir peur de sauter dans les projets.

Pour Olivier Brett, il ne faut pas avoir peur de sauter dans le vide

Ce dont il est le plus fier dans sa carrière, c’est d’avoir fait le saut à l’aveugle dans les médias sans savoir s’il avait ce qu’il fallait pour bien réussir. Le jour où TVA Sports recherchait un analyste soccer, il a dit oui sans hésiter, et ce, sans même réfléchir. Il aurait pu refuser pour un manque d’expérience, mais il priorise surtout qu’il ne faut pas se mettre de frein dans la vie; sortir de sa zone de confort est souvent une excellente décision pour nous faire grandir.

Pourquoi préférer les médias à l’Impact ? Il explique qu’il y avait une façon assez simple de trancher :

«Pour moi, il y a trois choses qui dictent mes décisions, note-t-il. Premièrement, est-ce que je serai heureux? Deuxièmement, est-ce que je vais grandir dans ce rôle-là? Et, finalement, qu’est-ce que je vais apporter? […] Je pense qu’avec mon apport dans les médias, je sentais que j’avais quelque chose à contribuer. C’est ce qui a dicté ma décision.»

Rappelons que l’expertise du soccer était très limité dans les médias entre 2011 et 2014, ce qui coïncide avec l’arrivée de l’Impact en MLS.

Son plus beau moment

Retournons en 2016. Lors des séries éliminatoires de la MLS, Montréal recevait le Toronto FC au Stade Olympique pour le match aller de la finale de l’Est. Le stade était rempli au maximum de sa capacité. Il faut aussi noter que RDS diffusait le match sur sa première chaîne et avait transféré le match des Canadiens contre les Sénateurs sur RDS2. Cela démontre à quel point l’enjeu était grand.

Toutefois, ce qui retenait l’attention était les lignes des surfaces de réparation peinturées sur le terrain qui n’étaient pas règlementaires. En effet, la distance entre les lignes était calculée en verge plutôt qu’en mètre, ce qui fait que, quelques minutes avant le botté d’avant, le responsable de la MLS s’est aperçu que la grandeur n’était pas acceptable, même si, ni les arbitres, ni les joueurs ne s’en étaient rendus compte.

Il s’agit d’un match que les gens se rappelleront longtemps pour cette raison, mais pas Olivier Brett :

« Je suis fier de ça, car c’est comme un croisé de plein de chemins de ma carrière, explique Olivier. J’étais fier de voir un stade plein à ce temps-là de l’année à Montréal. C’était super excitant de voir une finale de l’Est entre deux clubs canadiens, entre Toronto et Montréal. […] Je pouvais vivre le match avec tous mes chapeaux, que ce soit d’animateur, d’analyste et de partisan de l’Impact. C’était une grosse expérience personnelle. Un moment totalement surréaliste qu’on se rappellera longtemps. »

Soccer Québec

Selon Olivier, Soccer Québec prend une tourne intéressante depuis quelques années. L’organisation se rajeunit et on se concentre sur ce que l’on fait directement avec les jeunes et non juste la structure. Par le passé, Soccer Québec était très bien organisé à accueillir les garçons et les filles de 14-15 ans avec des structures intéressantes, mais, avant ça, le travail technique ne se faisait pas. Les joueurs comprenaient le jeu, mais n’étaient pas capables de l’exécuter.

C’est une des raisons pourquoi, selon lui, il y a un manque de joueurs de chez nous dans les équipes nationales.

Quoi penser de la CanPL au Québec?

Olivier Brett croit qu’avoir une équipe de la Première ligue canadienne (CanPL) dans la Ville de Québec serait fantastique! L’été, il n’y a que les Capitales au baseball. C’est une démographie complètement différente qui irait voir le soccer. Les gens de Québec sont habituellement très près de leurs équipes, que ce soit les Remparts et le Rouge et Or.

Cela pourrait fonctionner dans un petit stade compact, autre que le Stade Télus, encore plus s’il y a des joueurs natifs du Québec. Celle-ci pourrait aussi être bénéfique pour la CPL et tout le pays.

L’équipe réserve de l’Impact de Montréal

Pourquoi enlever l’équipe réserve? Il s’agit d’une décision toujours incomprise par Olivier Brett. En fait, seules les finances sont un facteur important qui explique son départ, sauf que c’est une chose qui devait être prévue à la base. L’équipe réserve n’est pas là pour être « au top du classement », mais pour développer des joueurs.

Pour Olivier, s’il faut décider entre finir au dernier rang et envoyer quelques joueurs chez les pros, ou finir au sommet sans jeunes qui percent en MLS. Il préfère l’option de finir dernier. Les joueurs qui vont percer la formation de la MLS vont rentabiliser les pertes de l’équipe réserve en coûtant moins cher que les transferts habituels.

C’est pourquoi il croit qu’une organisation de la MLS sans une équipe réserve fonce directement dans le mur, car il y a un trop gros écart entre l’académie et l’équipe de la MLS.

Le marketing de l’Impact

Olivier Brett est direct sur le sujet :

« Une chose que je veux mettre au clair, personne ne va me faire à croire que la MLS ne peut pas fonctionner à Montréal. Je suis convaincu que ce stade-là peut être plein match après match! »

Il considère que la localisation du Stade Saputo n’est en aucun cas un problème. Il est très bien situé, autant pour ceux qui viennent en auto qu’en métro du Centre-ville.  

Olivier ajoute qu’entre le départ de Didier Drogba et l’arrivé de Kevin Gilmore, tout était sombre autour de cette franchise. Le discours de la haute direction était toujours négatif : ils critiquaient les taxes, les autres équipes de la MLS qu’ils allaient leur nuire et le fait que le stade n’était pas plein. Cela influençait la perception du marché.

Les intouchables

Selon lui, il y a très peu d’intouchables chez l’Impact de Montréal, mais il y en a quelques-uns.

Samuel Piette. crédit photo : Impact Média

Il y a Samuel Piette, le visage de l’Impact. Il considère aussi Luis Binks que l’Impact se doit de garder si Bologne ne le veut pas tout de suite. De plus, Romell Quioto en a trop donné offensivement pour que le club puisse se priver de lui l’an prochain.

Il y a d’autres joueurs qui sont intouchables, mais ils sont principalement dans le groupe des « On veut les garder, sauf que s’il y a une offre ou que le joueur n’est pas heureux, on va sauter sur l’occasion ».

Que ferait Olivier Brett si l’Impact l’appelait ? Ce serait d’aller chercher un attaquant de premier-plan, mais en allant également chercher des joueurs pouvant servir celui-ci. Pour qu’un attaquant puisse marquer, il doit être bien entouré.

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