Alouettes

Entrevue | Maître en défensive, maître au tribunal

Marc-Olivier Brouillette et Noel Thorpe Crédit photo Johany Jutras/LCF.ca

L’été pour moi, c’est l’Impact de Montréal, la Coupe Rogers, La Ronde et les Alouettes de Montréal. À cause de la COVID-19, la Coupe Rogers a été annulée, La Ronde ne m’a pas intéressé et les Alouettes de Montréal sont dans l’inconnu.

Dans mon désir de faire parler de notre équipe de football, j’ai eu la chance de m’entretenir avec l’ancien porte-couleur des Alouettes de Montréal Marc-Olivier Brouillette. 

Pourquoi le Football?

On entend souvent que le rêve d’un petit gars de Montréal est de jouer pour les Canadiens de Montréal. Alors pourquoi Marc-Olivier Brouillette a voulu faire une carrière dans le football?

Tout a commencé à un très jeune âge alors que son frère jouait au football avec des amis dans le quartier. En suivant son frère, il s’est rapidement acclimaté à ce sport. Toutefois, lorsqu’il avait huit ans, une situation dans sa famille l’a obligé à faire un choix, et il a choisi de jouer au football. Pourquoi ? Puisque c’est au football que les liens amicaux sont les plus grands. Il avait uniquement huit ans à cette époque et, pourtant, certains joueurs de son équipe sont encore parmi ses amis proches.

Repêché par les Alouettes de Montréal

Nouvelle position

Après quatre belles saisons en tant que quart-arrière des Carabins de l’Université de Montréal, le grand numéro 4 ne doit pas uniquement changer de numéro, mais également de position. Ce n’était pas une surprise pour lui, car il était conscient que dans la LCF, les quarts-arrière canadiens, il y en a très peu. Il aurait tout de même souhaité avoir une petite chance pour voir ce qu’il était en mesure de faire comme quart à ce niveau.

Malgré tout, il se dit très heureux d’avoir été un joueur défensif. Il faut d’ailleurs souligner qu’il a fait partie de l’équipe d’étoile de la division Est de la LCF pour la saison 2016.

Est-ce que ce fût difficile pour lui de passer de l’offensive à la défensive ? Il répond que c’était surtout à une très grande adaptation. Lorsque tu joues à la position de quart-arrière toute ta vie, et qu’on te demande de jouer à une nouvelle position lorsque tu passes professionnel, tu dois apprendre rapidement toutes les techniques de base. Apprendre sans savoir parfaitement la meilleure façon de plaquer, de bien gérer son jeu de pieds et tout ce que ça représente d’être un élément clé en défensive.

Heureusement pour lui, il mentionne avoir eu un très grand support de ses coéquipiers afin de l’aider dans sa transition. Bon, ce qui l’a aidé aussi, c’est qu’il a toujours été un très bon athlète!

Jouer pour les Alouettes de Montréal

Je lui  ai demandé ce que représentait pour lui de jouer pour les Alouettes de Montréal. Voici sa réponse :

« Pour moi, jouer pour les Alouettes de Montréal est une fierté. Je suis extrêmement fier et chanceux de jouer dans ma province, de représenter Montréal et le Québec. Je suis chanceux de ça, puisque ce n’est pas tous les joueurs qui ont la chance de jouer à la maison. Je suis content, car je pouvais avoir mes amis et ma famille qui venait me voir jouer neuf fois, soit la totalité des matchs à domicile par saison. »

Appréciation et déception

Il n’est pas le seul à avoir déjà répondu ceci en tant que joueur de Football, mais, ce qu’il a aimé le plus lorsqu’il fait une rétrospective de sa carrière, c’est les liens qu’il a créés avec des gens.

Dans un vestiaire de football, les joueurs ont un lien très fort entre eux et c’est ce qu’il a le plus apprécié. La fraternité au sein d’une équipe de football est tellement grande, que c’est ce qui marque le plus un joueur lorsqu’il se rappelle ses plus beaux moments.

De son propre aveu, le plus grand regret dans sa carrière serait qu’il n’ait pas pris le temps d’apprendre la technique en défensive à l’université. Vu qu’il était quart-arrière, il se concentrait uniquement sur l’offensive et n’avait pas pensé à pratiquer les techniques d’un joueur défensif. Il croit que s’il avait appris tout cela dès le début, il aurait gagné du temps à Montréal. Malgré le fait qu’il apprenait chez les professionnels et durant les saisons mortes, il est devenu un régulier après seulement trois ou quatre saisons. Imaginez s’il avait appris les « skills défensifs » plus tôt!

Informations sur Marc-Olivier Brouillette

Tatouage

Grand amateur de tatouage, Marc-Olivier Brouillette a quelque chose d’unique de gravé sur son corps. Après chaque saison jouée, il se faisait tatouer une barre. Pourquoi une barre? Celle-ci représentait un « check mark ». Lorsqu’une saison était complétée, il pouvait la cocher. Ces barres représentent le moment, l’histoire. Bref, le chapitre effectué dans sa vie. Il lui reste toutefois à faire la barre de sa dernière saison.

Véganisme

Marc-Olivier Brouillette a joué neuf saisons dans la LCF. Au cours de ses trois dernières années, il a effectué un changement dans son mode de vie. Il est devenu végane, c’est-à-dire qu’il a exclu de son alimentation tout ce qui était d’origine animale.

Je lui ai demandé ce que ce changement lui a procuré en tant qu’athlète. Pour lui, cela a été bénéfique puisque son niveau d’énergie a augmenté et son temps de récupération a été amélioré, ce qui faisait qu’il était un meilleur joueur. D’autant plus que physiquement, son pourcentage de gras s’est amélioré et sa masse musculaire a augmenté. Il ne prenait donc pas de poids, mais était plus fort. Pour lui, être un joueur de football végane a été excellent, puisque ses performances étaient meilleures.

TOUTEFOIS, il faut écouter son propre corps, puisque ce n’est pas tous les humains qui ont le même système, donc ce qui a été bon pour lui peut ne pas l’être pour un autre. Afin de savoir s’il pouvait jouer en étant végane, il a vérifié qu’il ne vivait aucun changement négatif pendant une saison morte. Il a ensuite gardé ce nouveau rythme de vie.

L’après football

Maître Brouillette

Retraité au terme de la saison 2018 de la LCF, Brouillette n’a pas chômé longtemps. Il travaille à temps plein comme avocat pour la firme Robinson Sheppard Shapiro, aussi appelé RSS. C’est d’ailleurs à ce cabinet qu’il s’était joint à titre d’étudiant en droit une dizaine d’années plus tôt.

Lors de l’entrevue, il m’a expliqué que le droit l’intéressait, car, pour lui, le football et le droit ont un point en commun. Dans les deux cas, il faut développer des stratégies afin de gagner une bataille. Celui avec la meilleure préparation et la meilleure stratégie remportent le positionnement sur le terrain.

La comparaison est parfaite lorsque l’on réalise à quel point le football est une guerre de tranchées, la meilleure stratégie, autant en défensive qu’en offensive, fera un gagnant à la toute fin. Au football, il y a tellement de lois qu’il faut bien les appliquer pour gagner.

Analyste à TSN Radio 690

Il est également analyste pour les matchs des Alouettes de Montréal sur les ondes de TSN Radio 690 avec Rick Moffat. Je lui ai demandé comment il s’était senti pour sa première saison à titre d’analyste. Il m’a répondu que parler de football était évidemment naturel pour lui. Il n’a aucune difficulté à discuter pendant des heures de son sport. Selon lui, sa chimie instantanée avec Rick Moffat est ce qui l’a le plus aidé dans l’apprentissage de ce nouveau rôle.

Son seul stress était la peur de regretter sa retraite. Il craignait de voir les joueurs sur le terrain lors de l’échauffement et d’avoir envie de sauter à la ligne de mêlée avec eux. Heureusement pour lui, il a bien géré tout ça intérieurement.

Début août, toujours rien du côté de la LCF

La LNH, la MLS, la MLB et la NBA ont toutes entamé un plan de relance. Toutefois, la LCF n’a toujours rien annoncé. Les joueurs sont dans l’incertitude. Certains n’ont pas reçu de paie depuis le mois de novembre et ils ne savent pas s’ils veulent revenir dans la LCF ou bien commencer leur après carrière.

Marc-Olivier Brouillette considère cette situation extrêmement décevante pour les joueurs qui paient le prix. Il est également grandement déçu pour les Alouettes de Montréal, puisqu’ils avaient un momentum à la suite de la saison 2019. L’éclosion de Vernon Adams Jr et l’arrivée de Danny Maciocia avaient tout pour faire gagner les Alouettes, mais avec l’arrêt complet de la ligue, l’équipe perd son rythme et repart à froid comme les autres.

Il faut donc espérer un prêt de la part du gouvernement fédéral afin de pouvoir commencer la saison 2020 et limiter les pertes. Toujours selon Brouillette, une autre grande peur, c’est qu’un propriétaire décide de vendre son équipe ou la déclare en faillite après une année complète sans football.

Commissaire de la LCF

Depuis 2017, Randy Ambrosie est le commissaire de la LCF. Est-ce qu’il serait le temps pour lui de passer le flambeau?

Selon Marc-Olivier Brouillette, Ambrosie doit partir! Il a perdu la confiance des joueurs et des partisans. Il a de grands problèmes de communication, autant avec les joueurs qu’avec les propriétaires. Il ne sait également pas comment gérer la crise actuelle.

On se rappelle aussi la vente très mal gérée des Alouettes de Montréal il y a un an. Tous ces pépins font en sorte que Brouillette croit qu’il devrait bientôt être largué par les gouverneurs de la LCF.

 

Par ailleurs, l’ancien joueur québécois a publié un tweet plus qu’intéressant le 31 juillet dernier. Il mentionnait vouloir déposer sa candidature à titre de commissaire de la LCF.

Est-ce une blague ou un vrai tweet ? C’est bel et bien quelque chose qui l’intéresse vraiment. Lorsque le bureau des gouverneurs devra choisir un commissaire, il serait très intéressé à le devenir, car il croit que la ligue a besoin de quelqu’un près des joueurs, qui connait leur pouls et qui sait ce qu’ils vivent. Il considère que l’actuel commissaire Ambrosie n’a pas ses aptitudes.

***

Marc-Olivier Brouillette reprendra l’analyse des matchs des Alouettes de Montréal à TSN radio 690 dès le retour au jeu… sauf s’il est élu commissaire de la Ligue canadienne de football d’ici là!

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