Basketball

Kevin Durant : le plus létal des serpents

C’est le moment de changer la conversation autour de Kevin Durant. Évidemment, KD n’a que lui-même à blâmer pour ses prouesses hors du terrain, mais absolument personne ne peut le critiquer pour ce qu’il accomplit dessus, même si vous aviez souhaité le voir demeurer à Oklahoma City.

Durant le “snake

Nous sommes tous d’accord, son surnom est complètement mérité. Durant a décidé de quitter le Thunder pour les Warriors et de migrer vers l’équipe les ayant vaincu en finale de conférence. Il a délibérément opté pour la fiche de 73-9 des Warriors. De plus, KD a lui-même créé ses faux comptes pour se défendre et a lui-même tiré des flèches à l’endroit de son ancienne adresse. En se joignant au Golden State, Durant abandonnait l’idée d’être le favori des partisans et de mener une équipe. En fait, il a publiquement cédé le leadership au célèbre #30.

KD lors de son arrivée au Golden State.

Je répète, Durant mérite son titre et mérite de se voir surnommer le “snake”.

Pourtant, personne ne peut nier sa dominance sur le terrain. Durant est, à chaque saison, un potentiel MVP et est présentement le meilleur joueur des séries si on exclu LeBron James.

Est-ce qu’on peut enfin passer à autre chose dans son cas?

Durant mène les siens à une victoire de 119 à 106 contre Houston

Pour la deuxième année consécutive, KD élève son jeu une fois en séries. Il réussit à s’imposer à chaque présence en gérant habilement la pression du moment. Peu importe, où, peu importe quand, peu importe contre qui, Durant est dominant aux deux bouts du terrain.

Durant a d’ailleurs été le principal artisan de cette victoire hier soir, inscrivant 37 points contre les Rockets. Il a su prendre les rênes de l’équipe devant les timides 18 points de Curry. En fait, il s’est littéralement amusé à faire taire la foule du Toyota Center avec ses lancers derrière l’arc et ses tirs sautés dans la surface peinte. C’est simple, aucun défenseur ne l’atteignait.

“Kevin is the ultimate luxury.”

– Steve Kerr, entraîneur des Warriors

Durant attaquant le panier de Houston lors du premier match de la série.

Détrompez-vous. Ce premier match aurait très bien pu être volé par Houston. Harden à faire sa meilleure impression de MVP avec 41 points et 7 aides. Curry n’a jamais paru en pleine santé et la foule était aussi bruyante que lors d’une finale. Par contre, le Golden State ne s’est pas écroulé suite à un mauvais départ et Durant a su faire chèrement payer chaque erreur des Rockets. La défensive des Warriors a aussi complètement étouffé les tireurs de Houston. En effet, l’équipe avec le plus de trois-points en saison régulière de l’histoire de la NBA n’a pas pu continuer sur cette lancée, ne tirant que pour 35%, 28% en excluant Harden.

Un discours trop familier

“Les Warriors avaient besoin de Durant pour vaincre LeBron. Durant avait besoin des Warriors pour vaincre LeBron. Durant a choisi la solution facile. Les Rockets n’ont aucune chance contre quatre joueurs étoiles. Les Warriors ont détruit la NBA.”

On s’entend, c’est une histoire racontée à répétition. Bref, si le Golden State l’emporte, c’est normal et le crédit va aux coéquipiers de Durant. D’un autre côté, si les Warriors perdent, Durant est le premier à être pointé du doigt. Le lendemain, des memes à l’effigie de sa défaite et sur le choix de sa prochaine destination apparaîtront massivement.

Je ne sais pas pour vous, mais ce discours est mâché, puis remâcher, puis re-remâcher. Peut-on passer à autre chose? Peut-on simplement apprécier le calibre de Durant? Il ne peut pas revenir sur sa décision de jouer pour les Warriors et ne devrait pas avoir à s’excuser une quatorzième fois pour ses fameux tweets. Malgré ses erreurs, il demeure un MVP et un futur Hall-of-famer. Avec 28.8 points, 7.5 rebonds et 4.6 aides par rencontre lors des présentes séries, il mérite le respect qui lui est dû.

La réalité

C’est presque blasphématoire d’évoquer cette possibilité, mais l’excellence de Durant est telle que les Warriors pourraient très bien remporter le Larry O’Brien sans l’aide de Curry. Le contraire est cependant invariablement crié par de nombreux partisans de la NBA. Oui, Curry demeure au cœur de cette dynastie qu’il a su forger à son image. N’oublions cependant pas le rôle déterminant que Durant a joué dans la fiche de 25-3 du Golden State en séries depuis deux ans. Il grimpe présentement de nouveaux sommets et en est parfaitement conscient.

“I don’t know if we’re at our peak. I think we could be better.”

– Kevin Durant après le match #1 contre Houston.

Kevin Durant avec son trophée du Finals MVP la saison dernière.

Faisons cependant face à la réalité, la réputation de Durant est coulée dans le béton. Un deuxième titre ainsi qu’un autre Finals MVP ne changera pas la chanson à son sujet, il restera le “snake” pour la majorité. À mon avis, du moins pour le prochain mois, la conversation à son endroit devrait évoluée : le gars mérite le respect qu’il inspire sur un terrain de la NBA.

 

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