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Le repêchage et Montréal

photo du repêchage 2020 par NHL.com

Le repêchage de la LNH arrive à grands pas et, chaque année, les partisans des Canadiens débattent à propos des sélections disant que c’est soit bon, soit mauvais, soit inutile. Bref, toutes les opinions sont entendues. D’ailleurs, ce n’est pas toujours facile repêcher en première ronde. Pour l’occasion, nous allons jouer à un jeu et regarder les sélections de première ronde qui ont précédé et suivies celle des Canadiens au cours des dernières années. Qu’est-ce que cela devrait démontrer? Ça nous permettra de constater si Montréal a de la difficulté à repêcher, si c’est de la chance et de la malchance, ou si l’organisation se fait toujours voler un bon joueur lors de la sélection précédente.

Puisqu’un joueur n’est presque jamais réellement à son plein potentiel avant au moins quatre saisons, l’analyse portera sur les repêchages de 2009 à 2016, soit l’équivalent de huit repêchages. 

2009 – Louis Leblanc

Louis Leblanc photo : THE GAZETTE/Dave Sidaway

Pour le repêchage 2009, il y a une mise en contexte à mettre. Le repêchage se fait au Centre Bell devant un grand nombre de partisans des Canadiens. Sur la liste de la centrale de la LNH, Louis Leblanc est classé au 13e rang DEVANT Chris Kreider, Nazem Kadri et Ryan Ellis. Jordan Schroeder était quant à lui 5e meilleur espoir, Scott Glennie était le 7e et Simon Després était le 8e. Le joueur avant Louis Leblanc sur la liste de la centrale était Carter Ashton. 2009 a donc été une année assez difficile pour la centrale de recrutement.

Le Canadien a sélectionné au 18e rang cette année-là et, ç’a donné que, l’espoir #13, un « p’tit gars » de Pointe-Claire, était disponible. Il était classé top 15 et a glissé jusqu’en 18e position. Il y avait Jordan Schroeder, John Moore, Simon Després et Carter Ashton, qui étaient mieux classés que lui au moment de la sélection des Canadiens et qui étaient encore disponibles. Donc, sans manquer de respect à qui que ce soit, les meilleurs espoirs listés, c’était eux, et le Canadien a pigé là-dedans.

Pour regarder la sélection d’avant et d’après le Canadien, Saint-Louis venait de prendre le défenseur David Rundblad au 17e rang quand c’était rendu le tour de Montréal. Au tour de Montréal, la foule scande fortement dans les estrades : « Louis ! Louis ! Louis ! ». Au tour des Rangers, ils sélectionnent Chris Kreider. Facile à dire que c’est lui le meilleur joueur des trois, quoique, si le repêchage était à refaire, Kreider serait sorti bien avant, tout comme Ryan O’Reilly (33e), Marcus Johansson (24e), Mike Hoffman (130e), Tomas Tatar (60e), Anders Lee (152e) et plusieurs autres. 

Bref 2009…

Le repêchage de 2009 au grand complet est une erreur. Il n’y a pas seulement Montréal qui aurait aimé choisir différemment, puisque Dallas, Ottawa, Edmonton, Anaheim, Saint-Louis, New Jersey, Vancouver, Calgary, Boston, Caroline, Chicago, Tampa Bay et Pittsburgh ont tous pris des joueurs en première ronde qui, disons… n’ont pas livré la marchandise. 

2010 – Jarred Tinordi

Lors du repêchage de 2010, la mode était aux gros défenseurs. Erik Gudbranson (3e) et Dylan McIlrath (10e) sont sortis très rapidement. Arrivé au tour des Canadiens, Montréal voulait aussi avoir son gros défenseur et Jarred Tinordi était disponible. À 6 pieds 6, 225 livres, pour être grand et gros, il l’était. Selon plusieurs, ce qui a nui à sa carrière est lorsqu’il est arrivé à London. Son style de jeu a changé et il est passé d’un gros défenseur solide à un défenseur robuste, limite homme fort. Cela l’a grandement ralenti dans son développement.

La sélection qui a précédé Tinordi avait été réalisée par Detroit et ils avaient sélectionné le centre Riley Sheahan, donc le Canadien ne l’aurait probablement pas pris puisque c’était un défenseur qu’il voulait. Le choix après celui de Montréal était la sélection des Sabres. Ils ont opté pour Mark Pysyk. Est-ce qu’il aurait pu être la sélection de Montréal? Peut-être, mais tant qu’à prendre un défenseur défensif, aussi bien aller dans la mentalité des autres et prendre le plus gros disponible.

Fait à noter : les 25 premières équipes du repêchage ont levé le nez sur Evgeny Kuznetsov, sélectionné 26e par Washington. Est-ce l’effet Ovechkin? Peut-être bien.

2011 – Nathan Beaulieu

Ce repêchage marque la dernière sélection de première ronde du tandem Pierre Gauthier et Bob Gainey. Avec le 17e choix au grand total, le Canadien sélectionne le défenseur Nathan Beaulieu. Champion de la Coupe Memorial quelques semaines avant, ce défenseur était classé 5e meilleur patineur nord-américain, devant Sean Couturier notamment. Avant la sélection des Canadiens, les Sabres de Buffalo ont choisi de sélectionner l’attaquant Joël Armia. Oui, oui, celui qui est maintenant avec les Canadiens a été sélectionné juste avant la sélection de Montréal. Les deux sélections suivantes sont celles du joueur de centre Mark McNeill par Chicago, puis Oscar Klefbom par Edmonton.

Après neuf ans, il est possible de mentionner que Klefbom aurait été un meilleur choix. Sauf qu’à l’époque, Nathan Beaulieu était un « no-brainer », alors est-ce une erreur ou un joueur qui n’a pas voulu se développer ? Quoi qu’il en soit, Beaulieu est encore dans la LNH et il sera agent libre dans quelques jours. À voir où il se retrouvera pour jouer sa neuvième saison dans le circuit Bettman.

Le plus gros nom sorti après Beaulieu? Celui du joueur de centre des Canadiens Phillip Danault… mais il y a également un certain champion de la Coupe Stanley, Nikita Kucherov, qui a été sélectionné au 58e rang. C’est donc dire que les 30 équipes l’avaient ignoré au moins une fois.

2012 – Alex Galchenyuk

Galchenyuk, Yakupov, Murray. Photo : Getty images

2012 est une année importante pour Marc Bergevin. Tout juste nommé directeur général du Canadien, il doit se rendre à Pittsburgh afin de diriger sa première séance de repêchage à titre de big boss. Dans un article de La Presse, Marc Bergevin avait indiqué que lui, il aimait beaucoup le défenseur Morgan Rielly, mais que son équipe voulait Galchenyuk.  

Montréal repêchait 3e et le Tricolore a choisi Alex Galchenyuk. Juste avant eux, les Blue Jackets ont décidé de prendre Ryan Murray, puis après les Islanders ont sélectionné l’attaquant Griffin Reinhart, qui n’a joué que 37 matchs dans la LNH. Celui qui est maintenant dans la KHL fait vraiment mal paraitre les Islanders. Les partisans des Canadiens peuvent donc se consoler en se disant que les Canadiens n’a pas pris les deux pires joueurs dans le top-4, alors que Nail Yakupov a été sélectionné premier.

Les meilleurs joueurs sortis après Alex Galchenyuk sont Morgan Rielly, Hampus Lindholm et Filip Forsberg. Forsberg a été repêché par les Capitals de Washington, qui l’ont échangé par la suite contre Martin Erat et Michael Latta. Il s’agit de l’une des pires transactions de l’histoire des Capitals.

2013 – Michael McCarron

Au cours du repêchage de la LNH 2013, il y a eu les sélections de Jonathan Drouin, Max Domi et Michael McCarron. Les Canadiens ont sélectionné ce dernier avec le 25e choix au total, alors qu’il était dans le centre de développement national américain. Les trois joueurs qui ont été sélectionnés avant McCarron sont Émile Poirier par Calgary, Andre Burakovsky à Washington, puis Hunter Shinkaruk par Vancouver. Montréal a malheureusement continué dans la lancée de deux des trois dernières équipes en sélectionnant un joueur qui n’aura pas fait la LNH. Ce qui fait mal, c’est qu’avec la sélection d’après, les Ducks d’Anaheim ont sélectionné l’excellent défenseur Shea Theodore. Le Canadien parait donc très mal sur le coup, tout comme Calgary et Vancouver qui n’ont pas gardé, eux non plus, leur sélection.

2014 – Nikita Scherbak

En 2014, on peut le dire, le Canadien n’a pas été chanceux. Montréal repêchait 26e et, avec la 25e sélection, les Bruins ont sélectionné David Pastrnak. Il suffit d’imaginer que Boston sélectionne quelqu’un d’autre pour se dire que le joueur élite se serait possiblement retrouvé à Montréal. Le Canadien a dû se rabattre sur l’attaquant Nikita Scherbak avec la 26e position. Par la suite, les joueurs qui sortiront en première ronde ont été Nikolay Goldobin, Josh Ho-Sang, Adrian Kempe et John Quenneville. Kampe est donc le seul de la fin de première ronde qui aura une incidence sur son équipe, malgré qu’il n’ait pas de grosses statistiques offensives.

Est-ce donc uniquement Montréal qui a mal sélectionné ou les joueurs classés fin de première ronde n’étaient pas aussi bon qu’on le pensait? Facile à dire que Montréal n’a pas pris un bon joueur, mais dans cette cuvée, il n’y a pas grand monde qui a sorti de l’ombre après le 26e échelon.

Quoique, avec le choix 79, le Lightning de Tampa Bay a repêché Brayden Point. C’est donc dire que 78 autres joueurs ont été préférés à lui. Incroyable quand même alors que si l’on refaisait ce repêchage, il sortirait assurément dans le top-5.

2015 – Noah Juulsen

Grâce à une excellente saison régulière, Montréal repêche 26e cette année-là. L’exercice de regarder le choix précédant et suivant peut être très difficile ici, puisque ce n’est pas à cause du talent ou du développement, mais bien à cause de blessures que Noah Juulsen n’a pas autant de matchs joués que les autres. Il ne vaut pas la peine de comparer avec le centre Jack Roslovic sorti juste avant et Jacob Larsson sélectionné après.

Sauf que…

Cette année-là, le Canadien s’était dit que c’était un défenseur qu’il devait prendre et que c’était leur besoin. Deux sélections suivantes, le prolifique attaquant des Islanders de New York Anthony Beauvillier sort. Celui qui est un rouage important dans la montée des Islanders aurait donc pu être un Canadien de Montréal si l’attaque était recherchée lors de ce repêchage. Comme quoi c’est le meilleur joueur disponible, toute position confondue, qui doit être pris et non selon le besoin.

À NOTER QUE. Dans ce même ordre d’idées, Boston avait trois choix de première ronde cette année-là. Ils ont pris Jakub Zboril, Jake Debrusk et Zachary Senyshyn. Les trois choix d’après ont été : Mathew Barzal, Kyle Connor et Thomas Chabot… Ouch. Boston parait très mal.

2016 – Mikhail Sergachev

Mikhail Sergachev Photo par Aaron Bell/CHL Images

Avec leur 9e choix, les Canadiens de Montréal ont choisi de repêcher le défenseur des Spitfires de Windsor Mikhail Sergachev. Si l’on se fie uniquement aux statistiques, c’était une excellente décision puisque le Canadien voulait s’améliorer à la ligne bleue avec un bon défenseur offensif et Sergachev avait récolté 17 buts, 40 passes en 67 matchs. Lors du repêchage de 2016, le joueur sélectionné juste avant lui est l’attaquant Alexander Nylander, repêché par Buffalo. Il n’aura jamais réussi à s’installer à Buffalo si bien que les Sabres l’ont échangé à Chicago lors de sa troisième année de contrat.

Par la suite, c’est l’Avalanche du Colorado qui avait la sélection. Le joueur sélectionné après Sergachev est Tyson Jost. L’attaquant originaire de l’Alberta est un membre important du Colorado malgré qu’il tarde à exploser offensivement. Résultat : Montréal a choisi le meilleur joueur des trois rangs. Le meilleur joueur sélectionné par la suite? Charlie McAvoy au 14e rang, soit cinq sélections après celle du Canadien.

Que retenir de cet article?

  • Qu’il n’est vraiment pas facile de faire des sélections lors du repêchage.
  • Qu’un contexte peut faire en sorte qu’une équipe se retrouve à prendre le mauvais joueur.
  • Que toutes les équipes font de mauvaises sélections… sauf que ce n’est pas toujours une bonne chose que la même équipe ne repêche pas un bon joueur en première ronde durant une aussi longue période de temps.

De leur côté, les Penguins de Pittsburgh semblent avoir trouvé la façon de ne pas faire d’erreur en première ronde : ils ne repêchent tout simplement pas lors de celle-ci. Entre 2013 et 2019, ils n’ont repêché que deux fois en première ronde. Puis, à l’aube du repêchage 2020, ils n’ont présentement pas de choix de première ronde, et ils n’en ont pas en 2021 non plus.

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