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Les 10 ans de Vancouver 2010

Il y a dix ans, la planète entière avait les yeux rivés sur Vancouver en raison des XXIe Jeux olympiques d’hiver. De la descente en or d’Alexandre Bilodeau au golden goal de Sidney Crosby, ces Jeux auront profondément marqué l’imaginaire sportif du pays.

Les moments marquants

Le 12 février 2010, tout le monde attendait avec impatience la traditionnelle cérémonie d’ouverture, mais force est d’admettre que l’événement a mal commencé. Quelques heures avant la cérémonie, à l’entraînement de luge, l’athlète géorgien Nodar Kumaritashvili est sorti de piste, heurtant de plein fouet une poutre d’acier, ce qui a entraîné son décès. Une minute de silence et une ovation ont eu lieu lorsque la délégation de Géorgie est entrée dans le stade. La fédération de luge a également annoncé des modifications au circuit de Whistler.

Alexandre Bilodeau : premier Canadien à remporter l’or lors de JO organisés au Canada (olympic.ca)

Nos athlètes canadiens nous ont aussi fait vivre des moments inoubliables. Qui ne se souvient pas de la descente d’Alexandre Bilodeau qui a remporté l’or, une première pour un athlète canadien dans des Jeux organisés au Canada? Il est devenu une idole instantanée partout au pays et a grandement contribué, avec Jennifer Heil (médaillée d’argent), à la popularité du ski de bosses partout au pays.

On ne peut pas non plus oublier le tragédie qui a frappé Joannie Rochette, alors que sa mère est décédée quelques jours avant sa performance. Malgré tout, Rochette est allée performer sur la glace et tout le pays était derrière elle. Qui n’a pas eu une dose d’émotions fortes durant sa performance magistrale? Qui n’a pas eu la larme à l’œil lorsqu’elle a éclaté en sanglots et remporté le bronze? Ces moments magiques font des Jeux olympiques des événements grandioses.

Beaucoup d’émotions pour Joannie Rochette lorsqu’elle a reçu sa médaille de bronze (olympic.ca)

Finalement, l’autre grand moment est arrivé quelques heures avant la cérémonie de clôture : la finale de hockey masculin. Et quoi de mieux qu’un duel entre le Canada et les États-Unis? Près de 66% des Canadiens regardaient le match en direct. Tout le monde se souvient où il était durant ce match. C’était pour nous l’équivalent de la finale de la Coupe du monde pour les Français en 1998. Les Américains étaient revenus de l’arrière pour amener le match en prolongation. Puis, ce qui devait arriver arriva : Sidney Crosby marqua un but légendaire et le pays entier explosait de joie. J’en vibre encore aujourd’hui!

Ce sont les trois performances que je retiens, mais il y en a eu plein d’autres de nos Canadiens : Charles Hamelin, Jasey-Jay Anderson, l’équipe féminine de hockey, Ashleigh McIvor, Tessa Virtue et Scott Moir, Maelle Ricker, John Montgomery, etc. Tous ces moments ont amené un immense sentiment de fierté au Canada.

Les succès du programme À nous le podium

Les Jeux ont été octroyés en 2003 et, comme c’est le cas dans la plupart des pays organisateurs, les gouvernements injectent des fonds dans le développement du sport amateur afin de pouvoir briller à leur propre événement. Le Canada a notamment lancé le programme À nous le podium. Celui-ci a permis d’injecter de nombreuses sommes dans le développement des sports. Bien que l’événement avait lieu en hiver, les sports d’été étaient aussi touchés par le programme.

La foule a répondu en grand nombre aux JO de Vancouver et le drapeau canadien était partout! (olympic.ca)

Force est d’admettre qu’il s’est avéré un succès. Le Canada a remporté un total de 26 médailles à Vancouver, un sommet en date de 2010. 14 d’entre elles étaient des médailles d’or, un record qui tient toujours pour une nation au sein d’une même édition des Jeux olympiques d’Hiver (l’Allemagne et la Norvège ont égalé la marqué à Pyeongchang en 2018). Vancouver a donc été une réussite sportive pour le Canada.

Dans les éditions olympiques subséquentes, le Canada a fait un retour dans de nombreuses disciplines. Dans les sports d’hiver, le Canada a continué de dominer à Sochi et à Pyeongchang, notamment en patinage artistique, en ski acrobatique et en surf des neiges. Le pays a également obtenu sa première médaille en luge, en plus d’obtenir d’excellentes performances en ski alpin et en ski de fond. Même effet dans les sports d’été : les Jeux de Rio ont été fastes pour les Canadiens et ceux de Tokyo pourraient aussi l’être. Le Canada a retrouvé sa place en athlétisme et en natation, a fait des progrès notables en gymnastique, en judo et en plus d’avoir qualifié cinq équipes aux Jeux de Rio (rugby, basketball, volleyball, hockey sur gazon et soccer), un sommet pour le Canada.

À nous le podium, même s’il n’est pas parfait et que certains sports sont négligés, comme le biathlon ou l’escrime, a permis de développer considérablement notre sport amateur de sorte que nous sommes beaucoup plus compétitifs qu’il y a dix ans et ça, nous le devons à la venue des Jeux olympiques de Vancouver.

Des jeux propres

L’actualité des dernières années au sein du mouvement olympique nous amène à considérer cet élément. Alors que les Jeux olympiques de Sochi en 2014 ont été le théâtre d’un scandale de dopage sans précédent et que de nombreux cas ont été révélés à Beijing et à Londres, il est intéressant de constater à quel point les Jeux de Vancouver ont été propres. Il n’y a eu que deux cas d’athlètes dopés, et ce, malgré une réanalyse exhaustive des échantillons en 2017. Des athlètes russes ont également été pris sur le fait avant les Jeux.

Le Canada a toujours été un leader dans la lutte antidopage et les Jeux de Vancouver ont permis de prouver que c’était toujours le cas. Le contrôle a été extrêmement rigoureux, il n’y a pas eu de situation où des médailles ont dû être retirées et le Canada a pu confirmer qu’il avait l’une des meilleures agences antidopage au monde. Encore aujourd’hui, le Canada continue d’être un acteur de pointe pour lutter contre celui-ci et les cas sont pris extrêmement au sérieux, comme nous l’avons vu dans le cas de Laurence Vincent-Lapointe. Ça fait du bien de se rappeler que les Jeux olympiques ont déjà été plus propres.

Un héritage durable

Finalement, pour faire le bilan d’un événement d’envergure comme les Jeux olympiques, il est nécessaire de s’interroger sur l’héritage à long terme de ceux-ci. Trop souvent, des infrastructures sont laissées à l’abandon et constitue des éléphants blancs. On peut penser à certaines infrastructures d’Athènes 2004, de Beijing 2008 ou de Sochi 2014. Dans le cas de Vancouver 2010, les infrastructures ont été bien réutilisées.

L’intérieur actuel de l’Anneau olympique de Richmond (richmondoval.ca)

Dans la métropole, beaucoup d’infrastructures existaient déjà et il n’a pas été nécessaire de bâtir un stade olympique, les cérémonies s’étant tenues au BC Place. Les seules constructions ont été l’anneau de glace olympique à Richmond et l’aréna de curling à Vancouver. Il ont été convertis en centres communautaires après les Jeux. Des gymnases, des espaces de jeu et une bibliothèque ont notamment été aménagés. La réutilisation de ces sites en ont fait un succès sur toute la ligne, sans compter que le village olympique a permis de créer de nouveaux logements dans le grand Vancouver.

Les impacts se trouvent aussi du côté de Whistler. Deux équipements sont peut-être moins utilisés : la piste de bobsleigh, luge et skeleton ainsi que la tour de saut à ski. Par contre, ces lieux sont ouverts au public et peuvent satisfaire les amateurs de sensations fortes. Ils continuent également d’accueillir des compétitions sportives.

Les Jeux olympiques de Vancouver ont également amené des contributions notables pour les infrastructures de transport. Le SkyTrain de Vancouver a développé la Canada Line qui reliait le centre-ville de Vancouver à l’aéroport ainsi qu’à Richmond. C’est donc une infrastructure d’importance pour le grand Vancouver qui a des impacts considérables au niveau touristique, économique et environnemental. L’autre infrastructure à noter est la réfection de la route Sea-to-Sky entre Vancouver et Whistler afin de la transformer en autoroute. Cela a permis de faire une meilleure connexion entre les deux villes et de réduire le temps de voyagement.

Les Jeux olympiques de Vancouver sont donc un excellent exemple de développement durable quant à l’organisation de cet événement planétaire, le tout avec un dépassement de coûts somme toute modeste avec 13%. Les innombrables souvenirs qui ont été créés dans cet événement font en sorte que les Jeux olympiques laissent un agréable souvenir. Nous avons donc raison de souligner les 10 ans de l’événement. Bravo Vancouver et merci pour ces Jeux!

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