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L’équipe Cendrillon

Je suis absolument certain que si je vous avais dit en début de saison que les Titans du Tennessee participeraient à la finale de l’AFC, vous m’auriez traité de fou et auriez remis en question ma connaissance du football. Et pourtant, l’équipe basée à Nashville se retrouve bel et bien à une victoire de participer au 54e Super Bowl! Comment expliquer les succès de cette équipe?

Débuts difficiles

La saison dernière, les Titans du Tennessee sont passés bien près de faire les séries, mais ils ont subi une défaite face aux Colts d’Indianapolis lors du dernier match de l’année. Durant la saison morte, l’équipe n’a pas fait grand-chose qui a attiré les regards. Les deux faits saillants ont été le départ de leur coordonnateur offensif Matt LaFleur pour Green Bay et la venue de Ryan Tannehill, déchu à Miami, pour venir jouer les seconds violons derrière Marcus Mariota. Beaucoup d’analystes étaient peu convaincus de leurs chances de succès. Adam Rank, du NFL Network, a même pronostiqué une fiche de 3-13 pour l’équipe.

Les septiques étaient nombreux dont Adam Rank du NFL Network.

Les Titans ont connu un début de saison assez difficile malgré une victoire sans équivoque contre les Browns de Cleveland. À un certain moment, ils présentaient une fiche de 2-4. La défensive performait plutôt bien, n’allouant pas plus de 20 points par match, mais l’offensive avait de la difficulté à se mettre en branle. Mariota était incapable de connecter efficacement avec ses receveurs de passe et Derrick Henry atteignait tout juste les 100 verges en un match.

La magie de Tannehill

Durant la sixième rencontre, alors que les Titans n’allaient nulle part, l’entraîneur Mike Vrabel a décidé de changer de quart-arrière et mettre Ryan Tannehill au travail. Dans les matchs qui suivirent, Tannehill revigora l’offensive qui se mit à produire à plein régime. Il mena cette équipe à une fiche de 9-7. A.J. Brown, choix de deuxième ronde, a d’ailleurs connu d’excellentes performances avec la venue de Tannehill.

Tannehill a connu deux saisons difficiles avec les Dolphins, ennuyé par les blessures. Cette saison a cependant été une bénédiction pour lui. Il a complété 70,3% de ses passes, un sommet pour lui en carrière et l’un des meilleurs de la ligue à ce niveau. En seulement 10 départs, il a lancé 22 passes de touché, soit cinq de moins que sa meilleure saison, mais avec six matchs joués en moins! De plus, il a commis très peu d’erreurs en ne lançant que 6 interceptions.

Tannehill, contrairement à Mariota, est devenu une menace pour les défensives. Protégé par l’une des meilleures lignes offensives de la ligue, Ryan Tannehill avait beaucoup de temps pour faire les bons jeux et amener les Titans en séries. Il a probablement chassé Mariota de Nashville et il a grandement mérité le rôle de partant pour la saison prochaine.

Henry s’occupe des géants

L’autre grand joueur de cette équipe est Derrick Henry. On a déjà dit qu’Henry connaissait un difficile début de saison, jusqu’à ce que Tannehill prenne la direction de l’attaque. Sous Mariota, il avait une moyenne de 69 verges au sol par match. Sous Tannehill, celle-ci a grimpé à 125 verges au sol par rencontre. Protégé par cette excellente ligne offensive, Henry traversait facilement les défensives et a même réussi à terminer en tête des verges au sol pour un porteur de ballon cette saison dans la NFL. Lors du match contre Houston, à la semaine 17, où la qualification éliminatoire se jouait, Henry a cumulé 211 verges au sol et trois touchés.

Le défi s’annonçait toutefois ardu en séries éliminatoires. Les Titans devaient rendre visite aux Patriots de la Nouvelle-Angleterre, les triples champions en titre de l’AFC. Mike Vrabel affrontait l’entraîneur avec qui il a remporté le Super Bowl en tant que joueur. Il connaît Belichick et il a été en contrôle tout au long de la partie. Derrick Henry s’est transformé en véritable machine de guerre en courant pour 182 verges. Il a tellement été efficace que Tannehill n’a pas eu besoin de lancer le ballon trop souvent, se limitant à 72 verges. La défensive a également étouffé l’offensive des Patriots. Passé au deuxième était déjà un exploit.

Samedi dernier, les Titans rendaient visite à la meilleure équipe de la saison dans la ligue, les Ravens de Baltimore. Encore là, Derrick Henry s’est distinguée. Le talentueux porteur de ballon a parcouru 195 verges. Pendant ce temps, Tannehill n’a pas encore eu besoin de forcer le jeu aérien et la défensive a anéanti le jeu prévisible des Ravens. Les Titans reviennent aux racines du football : jeu au sol et défensive impénétrable.

Oui, les Titans sont surprenants, mais il faut lever notre chapeau à Mike Vrabel qui a pris des décisions audacieuses et fait de très bons appels de jeux. Jusqu’à présent, Derrick Henry est le MVP des séries éliminatoires.

Pour cette semaine, on a encore de la difficulté à prendre contre les Chiefs de Kansas City qui sont dominants. Les Titans sont-ils en mesure d’abattre un troisième géant d’affilée? On ne le sait pas, mais rappelez-vous de l’affrontement entre ces deux équipes à la semaine 10. Henry avait cumulé… 188 verges au sol!

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