Canadiens

Un salaire à justifier

Depuis le début de la saison, beaucoup de débats ont eu lieu sur la place publique concernant le gardien étoile du Canadien, Carey Price.

J’ai dénoté trois types de personnes qui discutent de la question sur les différents réseaux sociaux :

  • Les fanatiques : ceux qui pensent que ses chiffres négatifs sont toujours de la faute des défenseurs et que lorsque les chiffres sont positifs, c’est grâce à lui. Ils décortiquent chaque but qu’il accorde pour trouver une raison à celui-ci.
  • Les plus objectifs : ils sont capables de faire la part des choses, alliant ses statistiques, telles que sa moyenne d’efficacité, et les prestations de son équipe.
  • Les « haters » : ceux qui pensent que Carey Price est à peine un gardien numéro deux.

Évidemment, si j’avais à me placer dans l’un de ces groupes, je serais dans celui des objectifs. Je ferais un très mauvais blogueur si je n’appartenais pas à celui-ci. Je tenais d’entrée de jeu à identifier ces groupes pour diminuer l’effet de mes propos sur l’un ou l’autre de ceux-ci. Si des gens commentent l’article, vous saurez au moins les reconnaître.

***

Entrons dans le vif du sujet. Ça fait deux mois que ça me tortille d’écrire un article sur notre gardien étoile, mais il y avait tellement de commentaires de toute part que j’ai préféré laisser passer la tempête avant de produire cet article. Je trouvais aussi mal intentionné d’écrire un article après un match où Carey avait été soit très bon, soit très mauvais (oui c’est arrivé cette année, et pas juste à cause de la défensive du Canadien).

J’attendais aussi le retour de Shea Weber pour qu’on cesse de sortir l’argument de la défensive. Lorsque le capitaine est en uniforme, le Canadien à une défense un peu plus décente, même si elle est loin d’être excellente. Je vous laisserai la classer par vous-mêmes, car cet article ne traitera pas de celle-ci.

Des défensives qui manquent de talent

Dans les six premières années de sa carrière, Carey Price a maintenu un pourcentage d’efficacité se situant entre ,905 et ,923. Puis, de 2013-2014 à 2016-2017, le cerbère du Canadien à obtenu des chiffres variant de ,923 et ,934. Voici un tableau des défensives avec lesquelles ils a évolué au cours des dernières saisons.

C’est clair, la défensive du Canadien à une relation certaine avec les chiffres de Carey Price. On ne peut pas mettre sur la faute seulement sur celle-ci, mais il faut admettre que c’est un gros morceau du problème.

Depuis deux saisons, le Canadien à un défenseur élite (Weber) et un top 4 (Petry). Pour le reste, ce sont des « touski ». On ne peut leur en vouloir, parce que justement ces « touski » font ce qu’ils peuvent avec un talent plus limité. Jordie Benn, Mike Reilly, Karl Alzner et David Schlemko sont des cinquièmes, voire sixièmes défenseurs.

Victor Mete et Noah Juulsen sont de jeunes défenseurs, mais ils ne pourront s’améliorer s’ils sont jumelés aux défenseurs nommés. Quand un vétéran à tes côtés fait des gaffes qui coûte un but à ton équipe lorsque tu es sur la patinoire, ça mine ta confiance. C’est ce qui arrive malheureusement à Mete et Juulsen. Toutes les équipes de la ligue jumelle leurs jeunes défenseurs avec un vétéran top 4. C’est LA manière de faire progresser ton jeune.

Price doit faire les arrêts-clés

À une époque pas si lointaine, je n’avais jamais peur que la rondelle entre dans le filet, sauf si un tir était dévié une ou deux fois avant de se rendre au filet. Aujourd’hui, Carey cède sur des tirs qu’il avait l’habitude d’arrêter. Des tirs sans circulation devant le filet, comme le premier but des Sharks dimanche. Il y en a eu plein en 2017-2018 et depuis le début de la saison.

Là où j’en veux à Price, c’est son attitude face aux joueurs qu’il a devant lui. Dans les moments où les défenseurs offrent des chances en or à l’adversaire, je n’ai aucun problème à ce qu’il ne parvienne pas à faire l’arrêt, et ce, même si son salaire doit être justifié par quelques petits miracles. Par contre, même si la défensive est moins bonne, il n’y pas de raison pour ne pas faire les arrêts dits « faciles ».

Dimanche, Martin Jones a fait ce que Carey Price aurait dû faire. Les tirs qu’il a reçu n’étaient pas tous plus faciles que ceux du gardien montréalais. Je ne suis pas en train de dire que Jones est meilleur (loin de là), mais dimanche oui. Depuis un an et demi, plusieurs gardiens ont eu le dessus sur Price. Il est censé garder les buts comme un gardien étoile au moins deux matchs sur trois. Au cours des deux dernières saison, on parle d’environ une fois par six rencontres. Il s’est démarqué dans trois rencontres cette saison :le 27 octobre contre Boston, 15 novembre contre Calgary et 17 novembre contre Vancouver. Dans ces matchs, c’était le Carey de la belle époque. Pourtant, il n’avait pas une meilleure défensive devant lui.

Une erreur d’évaluation

J’imagine que Carey Price a perdu sa confiance à force d’avoir une défensive qui laissait des chances de qualité qu’aucun gardien ne pouvait arrêter. Aujourd’hui, il tente de la regagner. Par contre, Bergevin lui-même a mis Carey Price dans la même catégorie que les « joueurs spéciaux » qui commandent des salaires faramineux. C’est une énorme erreur d’évaluation et c’est l’une des raisons pour lesquelles les gens sont aussi durs avec leur gardien. Par son contrat, Price ne devrait pas avoir de grosse perte de confiance. Les amateurs s’attendent toujours à le voir à son meilleur.

Jared Silber/NHLI via Getty Images

Il est un gardien de premier-plan, mais il ne s’approche pas d’un joueur comme Sidney Crosby. Price aurait dû être payé 8,5M$ par année et être considéré comme l’un des meilleurs gardiens de la ligue, sans être nécessairement supérieur aux Fleury, Rinne, Lundqvist et compagnie.

L’argument de l’humain sort beaucoup durant tout ce battage médiatique. « Price est humain. » Oui, c’est vrai, mais je ne connais pas beaucoup d’humains qui demandent et obtiennent un salaire de 10,5M$ par année. À ce salaire (et en tant que gardien), il doit avoir le même impact que des joueurs comme John Tavares ou Tyler Seguin.

Après tout, toutes les équipes ont les mêmes limites salariales et les joueurs valent plus cher selon leur impact. C’est comme ça qu’une équipe est construite. Lorsqu’un directeur-général donne 10M$ à un joueur, c’est approximativement le huitième de la masse salariale de l’équipe; ce joueur doit avoir un impact indéniable sur son équipe peut importe les autres éléments qui s’ajoutent à l’équipe. Price, depuis deux ans, en fait moins par rapport au salaire qu’il coûte dans l’équipe.

Ma conclusion est simple : la personne à blâmer n’est pas le détenteur du contrat, mais celui qui l’a octroyé, soit Marc Bergevin. Lui et son équipe ont fait de grosses erreurs d’évaluation lors de l’attribution de contrats à ses défenseurs et son gardien de but, et ce, comme plusieurs autres équipes dans la ligue. Le directeur-général a surévalué l’impact de son gardien élite et il devra vivre avec son imposant salaire pour encore plusieurs saisons.

Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Surlebanc.ca, un média sportif hors du commun. Notre but : parler d'actualité, de conflits sociaux et d'enjeux culturels et même politiques que nous offre le sport!

Facebook

Abonnez-vous à notre infolettre

* indicates required

Copyright © 2015 Flex Mag Theme. Theme by MVP Themes, powered by Wordpress.

Retour en haut