Tennis

Le manque de visibilité du tennis féminin

(C) Zimbio.com

Bien que le record de billets vendus n’ait pas été battu lors de la plus récente édition de la Coupe Rogers de Montréal, le volet féminin de la compétition a été un franc succès.

Selon Eugène Lapierre, ce sont près de 170 000 amateurs qui ont assisté au tournoi tout au long de la semaine. Un chiffre impressionnant pour une compétition du circuit de la WTA, mais qui ne satisfait pas le directeur du tournoi. « On a le meilleur résultat pour un tournoi de tennis féminin qui dure une semaine, mais, personnellement, j’aimerais qu’on fasse mieux.« 

Le manque de visibilité des tournois de la WTA fait partie intégrante du problème. Moins diffusées que leurs homologues masculins, les joueuses sont moins populaires et il est plus difficile d’attirer les foules à travers le monde. « Depuis trois ans, le circuit féminin s’est organisé comme le circuit masculin pour la vente des droits de diffusion à l’international, poursuit M. Lapierre. Avec cette visibilité, les joueuses seront plus vues, plus adulées. Ils sont en train de faire un effort pour que le tennis féminin soit diffusé partout sur la planète.« 

Au Canada, la Coupe Rogers et quelques tournois sont également disponibles, mais l’offre demeure limitée. Par exemple, les amateurs hors Québec n’ont pas été en mesure de suivre le volet féminin lors du tournoi de Cincinnati, qui avait lieu au cours de la dernière semaine (pour la belle province, il fallait être abonné à TVA Sports). Chez les hommes, tous les Masters 1000 sont diffusés, de même que quelques tournois ATP 500. En Europe et aux États-Unis, par contre, la couverture du tennis est beaucoup plus répandue et plusieurs chaînes diffusent des matchs des deux circuits.

La création de WTA TV vise à faciliter l’accès aux différentes compétitions. Le média officiel du circuit couvrira 47 tournois au cours de l’année 2018. Reste à convaincre les amateurs de s’abonner au service de diffusion en continu, qui coûte près de 100$ par année. En comparaison, le montant pour le circuit masculin s’élève à 130$ pour un an et donne accès à tous les tournois (à l’exception des Grands Chelems), tant en simple qu’en double, ainsi qu’à des matchs d’archives, en plus d’un système de visionnement en différé.

Ainsi, pour obtenir les deux services, les amateurs devront dépenser une somme importante. Ils pourraient être tentés de faire un choix et opteront le plus souvent pour le circuit de l’ATP. Preuve que la WTA doit peaufiner son produit. Une solution intéressante pourrait être d’offrir un abonnement à prix réduit combinant les deux services. À suivre…

Une question de vedettariat

Eugène Lapierre croit qu’il faut être patient du côté de la WTA. Leur service de diffusion est très jeune et s’améliorera avec le temps. De plus, un facteur incontrôlable ralentit présentement la croissance du circuit: un manque de vedettes. « Je pense qu’il faut analyser la question de vedettariat. Il y a quelques années, c’est le tournoi féminin qui faisait mieux.« 

 « À moment donné, il faut avoir les joueuses. Il faut des athlètes qui se démarquent sur le terrain. Pour ça, il n’y a pas de secret. La WTA pensait avoir trouvé le jackpot avec Eugenie Bouchard, mais elle a descendu au classement. » – Eugène Lapierre

En effet, la génération actuelle ne compte pas sur des vedettes aux histoires inspirantes ou qui dominent leur sport comme le faisaient les soeurs Williams, Steffi Graff, Martina Hingis et plusieurs autres. À l’opposé, les hommes profitent en ce moment des performances surhumaines de la génération du Big Four: Roger Federer, Rafael Nadal, Novak Djokovic et Andy Murray.

« J’ai l’impression qu’il y a une transformation qui s’opère du côté du tennis féminin. Nous allons voir de nouvelles vedettes avec des personnalités fortes. Elles vont peut-être stimuler un peu plus l’intérêt. Si nous sommes capables de trouver de nouvelles joueuses, le circuit va mieux se porter. On ne peut pas contrôler ça, ça ne se crée pas. On va laisser le sport faire son travail« , conclut M. Lapierre.

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