Alouettes

Cahier de jeux | Non, Johnny Manziel ne sera pas le sauveur des Alouettes

Johnny Manziel a connu une rude soirée, tout comme le reste de l'équipe Crédit : lcf.ca

Nous en avons entendu parler durant toute la semaine. Les partisans le réclamaient lors du match contre Edmonton le 26 juillet dernier. C’était un match fort attendu : le premier départ de Johnny Manziel au poste de quart des Alouettes de Montréal. Toutefois, on a rapidement dû se rendre à l’évidence que la compétitivité de cette équipe n’était pas seulement un problème de quart-arrière. Retour sur la défaite cinglante de 50 à 11 des Alouettes contre les Tiger-Cats d’Hamilton.

Désillusion rapide

Les partisans ont répondu présents pour ce match au stade Percival-Molson, le quatrième à domicile cette saison. Il y avait un effet Manziel aux guichets et les partisans étaient fin prêts à voir à l’oeuvre l’ancien choix de première ronde de la NFL. Rapidement, le match a tourné au vinaigre. Les Alouettes ont concédé quatre touchés aux Tiger-Cats d’Hamilton et c’était 28 à 0 UNIQUEMENT après le premier quart de jeu. Connaissant l’équipe montréalaise, les chances de remonter étaient très faibles. De nombreuses personnes ont dû zapper après le premier quinze minutes de jeu. Rien ne fonctionnait dans le jeu de Montréal.

La suite du match a été tranquille et les Tiger-Cats n’avaient aucunement besoin de forcer le jeu. Ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient sur le terrain sans pression. Résultat : offensivement, les Tiger-Cats ont eu un 521 verges offensives contre 283 verges pour les Alouettes, une domination nette. Le seul élément dans le match où les Alouettes ont été les meilleurs, soit les verges générés par la course.

On se rappelle qu’en début de saison, les performances des Alouettes inspiraient confiance, mais l’équipe se montre de moins en moins compétitive et l’entraîneur Mike Sherman devra trouver des solutions. Contre les équipes de l’Ouest, on pouvait être plus indulgents puisque la conférence est plus forte. Or, contre Hamilton, il était impératif pour les Alouettes de battre un rival de division afin d’améliorer son positionnement en vue des séries éliminatoires. Or, de perdre ce match, c’est problématique, mais la manière l’est encore davantage!

Le quart-arrière n’est pas l’unique responsable

Lorsque l’on regarde les statistiques, on pourrait se demander si le phénomène Manziel n’est pas un feu de paille : 55% de passes complétées, des gains aériens de 104 verges et quatre interceptions qui ont été lancées en première demie. Il a par la suite cédé sa place à Vernon Adams Jr. Certains diront que l’on peut sortir le quart-arrière de Cleveland, mais que ça prendra un peu de temps pour sortir Cleveland du gars! S’il est vrai que les performances ne sont pas celles qui étaient attendues, il est beaucoup trop tôt pour jeter la serviette, surtout à la vue de ce que les Alouettes ont cédé pour obtenir le joueur.

Mais bon, il n’est pas le sauveur de l’équipe pour la simple et unique raison que les Alouettes ont énormément d’autres trous. Manziel a réussi à se débrouiller avec le personnel qu’il avait. Le quart est constamment sous pression. Je le dis semaine après semaine : la ligne offensive des Alouettes est tout simplement affreuse et elle est le plus gros problème de l’équipe présentement. Tant qu’il n’y aura pas de stabilité sur cette ligne, l’offensive ne pourra jamais se déployer à son plein potentiel.

Bien que l’offensive ne marque pas beaucoup de points, le fait de donner de longues avances aux adversaires ne permet pas aux Alouettes d’être dans le coup. La défensive vient de connaître coup sur coup des performances désastreuses dans le domaine de la protection contre la passe. Les receveurs de passe ont beaucoup d’espace et peuvent faire de longs attrapés. Les secondeurs et les demis de coin doivent se ressaisir.

Même les unités spéciales des Alouettes de Montréal commettent de nombreuses erreurs lors des derniers matchs. Des bottés de dégagement courts, des bottés bloqués, des placements ratés, alléluia! Au football, ces moments font souvent la différence entre une victoire et une défaite. Il faudrait régler ce problème avant d’arriver à un match que les Alouettes pourraient gagner sur le dernier placement du match. Les feux sont donc nombreux dans cette équipe et ce n’est pas un seul individu qui parviendra à redorer le blason montréalais, mais bien de nombreux autres individus.

Reconquérir les partisans : ce sera très difficile cette année

Avec tout cela, je me suis mis à repenser à l’objectif suivant que les dirigeants s’étaient donné cette saison : reconquérir les partisans afin de les ramener au stade. L’administration a notamment mis en place des activités culturelles afin d’attirer les gens comme le spectacle de Loud à la mi-temps du match contre Edmonton. Or, avec le début de saison de l’équipe, l’objectif est loin d’être atteint. S’il est vrai que la venue de Manziel a généré des ventes supplémentaires de billets, mais l’effet risque d’être de courte durée si les performances de l’équipe ne s’améliore pas.

L’équipe montréalaise ne semble montrer aucun signe de progrès et la forme récente est inquiétante. Toutes les unités connaissent leur lot de difficulté et les Alouettes se tirent dans le pied à toutes les semaines. Comment a direction peut-elle espérer avoir des amateurs qui se présentent aux matchs lorsque le spectacle n’en vaut pas la chandelle, surtout lorsque les billets se vendent à partir de 35$.

Kavis Reed doit trouver une solution pour l’organisation, son pose étant possiblement en jeu (montrealalouettes.com)

Le plus inquiétant, c’est que les Alouettes ne semblent même pas bénéficier d’un avantage du terrain. La seule victoire de la saison a eu lieu à Regina en Saskatchewan et les pires performances défensives ont été réalisées au stade Percival-Molson. Face à Winnipeg, les Alouettes ont accordé 56 points. Face à Edmonton, 44. Face à Hamilton, 50. Toujours devant les yeux de leurs partisans locaux. Je comprends que les gens soient découragés de voir un triste spectacle semaine après semaine dans leur propre enceinte sportive et la tête du directeur général Kavis Reed pourrait être mise à prix par les partisans si la situation ne s’améliore pas. C’est loin de donner envie aux gens d’acheter un billet pour voir le match. Surtout que nous avons le plus petit stade de la ligue, il serait vraiment dommage que l’on soit incapable de le remplir si l’équipe ne donne pas des arguments sportifs pour assister au spectacle. Il serait peut-être temps que les joueurs se mettent à jouer à niveau supérieur afin d’éviter une apathie de fin de saison qui pourrait coûter cher financièrement au club montréalais. Ce n’était que le premier match sous l’ère Manziel et souhaitons que l’on ait débuté par le pire!

Le prochain match des Alouettes aura samedi le 11 août alors qu’ils rendront visite au Rouge et Noir d’Ottawa, la deuxième confrontation contre cette équipe cette saison.

Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Surlebanc.ca, un média sportif hors du commun. Notre but : parler d'actualité, de conflits sociaux et d'enjeux culturels et même politiques que nous offre le sport!

Facebook

Abonnez-vous à notre infolettre

* indicates required

Copyright © 2015 Flex Mag Theme. Theme by MVP Themes, powered by Wordpress.

Retour en haut