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Charlie Bilodeau : Du rêve à la réalité

Charlie Bilodeau a quitté Trois-Pistoles à l’âge de 14 ans pour la grande métropole montréalaise afin de s’épanouir en tant que patineur artistique. Il avait un but précis; obtenir sa place parmi l’équipe olympique canadienne.

Le 13 janvier dernier, Charlie Bilodeau, en compagnie de sa complice de glace Julianne Séguin, a finalement obtenu son billet pour PyeongChang, afin de participer aux XXIIIe Jeux Olympique d’Hiver qui auront lieu du 9 au 25 février prochain. Vêtu d’un chandail au style hawaiien, dans sa demeure de Rosemont-La-Petite-Patrie remplie de valises quasiment prêtes pour son départ, l’athlète [enfin] olympique se raconte.

213

Ce sont 213 points qui auront permis au plus jeune couple olympique d’atteindre leur but personnel, soit de participer aux Jeux Olympiques. C’est une prestation quasi-parfaite, le 13 janvier dernier, qui leur aura offert la seconde marche du podium des Championnats Canadiens de patinage artistique de Vancouver. Le duo Bilodeau-Séguin est sur un nuage. « J’étais vraiment surpris, affirme l’étudiant en communication à l’UQAM. Il y avait une incertitude qui planait, mais depuis le début avec Julianne, on a dans la mire les JO 2018. Oui, quand le tout a été officialisé, il y a eu un certain nuage. »

Charlie Bilodeau a 24 ans et patine depuis l’âge de 3 ans, grâce à sa mère, Linda Joubert, entraîneuse de patin. Après une courte pause où il s’est surtout intéressé à la planche à neige à l’âge de 12 ans, il a décidé de retourner aux sources pour se rendre le plus loin possible. « C’est drôle, parce qu’aujourd’hui je rencontre des gens qui me connaissaient plus jeune et ils me disent que je n’arrêtais pas de dire que j’allais me rendre aux fameux Jeux« , affirme l’athlète. Le Pistolois affirme qu’en passant de Trois-Pistoles à Montréal, « c’était un signal que ce n’était pas juste une petite idée comme ca dans [sa] tête. »

Au-delà des blessures, la victoire

À leurs derniers championnats canadiens, le couple était arrivé deuxième au tableau final. C’était en janvier 2016. S’en suit une année prisée et en décembre de la même année, sa comparse, Julianne, subit une commotion cérébrale. Ils doivent annuler leur participation aux Championnats canadiens. 2017 sera une année remplie de hauts et de bas. 365 jours à oublier. « Après les blessures qu’on peut vraiment mettre derrière nous, là on revient et on a encore cette deuxième place qui était bien méritée, assure Bilodeau. On ne pouvait pas vraiment demander mieux. »

Le 12 janvier au soir, le patineur est allé souper avec sa mère. Ils ont discuté, ri, digéré. « On parlait un peu de mon parcours en faisant une rétrospective de tout ce que j’avais vécu », confie-t-il, en faisant référence, entre autres, au décès de son père et de son grand-père, tous deux décédés au printemps 2014. Tout le chemin parcouru depuis 10 ans, depuis son arrivée à Montréal et tout ce qui s’est enchainé dans sa vie est, selon lui, non pas une question de hasard, mais de timing.  « Le décès de mon père m’a fait réaliser bien des choses, raconte-t-il, émotion prise en gorge. Ça l’a été une période assez difficile, vraiment dramatique dans ma vie pis intense en émotions. »

En 2014, lorsque les deux décès ont eu lieu, Charlie avoue qu’il est passé à un cheveu de tout lâcher. « Ça m’a tellement brassé, mais je réalise aussi le rêve de mes parents », dit-il. Lors des funérailles de son paternel, un homme a livré un discours. C’était l’ancien entraineur de celui-ci. Au village, il y avait deux grands sportifs : Martin Petitgroulx et son père. « Les choses ne se sont pas passées comme elles se devaient pour lui, affirme-t-il. Il n’a pas eu les opportunités que j’ai eu. »

À ce moment, il réalisait qu’être un athlète de haut niveau était aussi les aspirations de son père. Ce discours lui aura redonné du gaz et lui aura permis de repartir. « Sur la patinoire, ça nous a permis à Julianne et moi de se souder », avoue-t-il, tout en rajoutant que « ça fait maintenant quatre ans [qu’ils sont] sur une lancée qui ne finit plus. »

En route vers PyeongChang

Leurs objectifs semblent flous, puisque chaque année se passent des imprévus. Personne ne sait à quoi s’attendre. « On s’attend à tel ou tel gagnant et c’est un « nobody » qui rafle la médaille, par exemple, mentionne le patineur. À chaque compétition, on essaie de livrer deux bonnes performances, créer un moment et d’être satisfaits. Comme à notre habitude. »

Comment perçoit-il l’après PyeongChang? « Dépression! », s’exclame à la blague le patineur, farceur à ses heures. Dans la dernière année, Charlie Bilodeau a réorienté sa manière de percevoir les choses afin de combler « un trou noir » qu’il y aura après cette compétition mondiale. « Il y a tellement de choses qui se passent présentement dans ma vie, s’exalte le Pistolois. L’après Olympiques est tellement loin. »

Après les Jeux, Bilodeau affirme qu’une grande réflexion devra se faire. « On est encore jeunes et il y a encore deux cycles [olympiques] de possible pour nous. On va continuer à pousser la machine. » Aujourd’hui, Charlie Bilodeau et Julianne Séguin sont à la 12e place du classement mondial. À la base, leur objectif était de se rendre aux JO. Mission accomplie.

Avec ses 25 médailles olympiques, le Canada est l’une des puissances mondiales de la discipline avec les États-Unis et la Russie. Le duo saura-t-il ajouter une médaille à ce palmarès?

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