ATP

En 2018, l’ère Open fête ses cinquante ans

Des grands de l'ère Open
(@NCBsport)

En cette saison 2018, l’ère Open fête ses cinquante ans. Ce terme est familier à tous les passionnés de la petite balle jaune. Souvent, on distingue les records ou encore les champions en fonction de cette limite dans l’histoire du tennis. Créée en 1968, l’ère Open a révolutionné le tennis tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Avant l’ère Open

Avant 1968, le tennis était divisé en deux catégories: les amateurs et les professionnels. Le circuit amateur détenait tous les tournois les plus prestigieux d’aujourd’hui, notamment les quatre Grand Chelems. Mais les règles impliquaient que les joueurs souhaitant prendre à part à ces tournois ne pouvaient pas recevoir de compensation financière. Non seulement ne gagnaient-ils pas d’argent lorsqu’ils jouaient, mais en plus, ils n’étaient pas autorisés à bénéficier de commanditaires ou autres publicités.

Ces règles difficiles ont causé la création du premier circuit professionnel en 1926, qui dédommageait les joueurs. Les tournois fonctionnaient de la même manière que de nos jours, mais rapportaient très peu d’argent (450 USD pour le vainqueur) et étaient, pour cette raison, délaissés par la plupart des grands joueurs de l’époque, jusqu’aux années 1960.

Devenir professionnel impliquait qu’un joueur devait renoncer au circuit amateur. Ainsi, si les joueurs souhaitaient gagner leur vie en pratiquant leur sport, ils ne pouvaient plus disputer les tournois majeurs.

Champions d’avant l’ère Open

Ken Rosewall (Michael Evans/The New York Times)

Parmi les grands champions d’avant l’ère Open, beaucoup de noms sont reconnus comme des légendes du tennis: les Britanniques William Renshaw et Fred Perry, la Française Suzanne Lenglen, les Australiens Ken Rosewall et Roy Emerson, ou encore les Américaines Helen Wills Moody et Maureen Connoly.

Cependant, on distingue souvent les records de ces champions de ceux d’après l’ère Open, en raison des différences majeures qui distinguent les deux périodes. L’évolution du jeu et de ce qui est demandé des athlètes professionnels depuis l’ère Open fait qu’il est difficile de mettre les différents accomplissements sur le même plan. En effet, depuis 1968, les joueurs sont soumis à des règles beaucoup plus strictes que par le passé.

L’ère Open, née 1968

Sur le tour professionnel, plusieurs circuits se faisaient concurrence et la bataille avec le circuit amateur demeurait. C’est pour cette raison que l’ère Open a été fondée, afin d’offrir un seul circuit qui permettrait aux professionnels de prendre part à tous les tournois prestigieux.

Seulement quatre ans après le début de l’ère Open, les joueurs ont créé leur propre syndicat pour se protéger des promoteurs: l’ATP. Cette association a réorganisé le tour en 1990, et est à l’origine de la saison tennistique que nous vivons aujourd’hui. Pour sa part, la WTA a vu le jour un an après l’ATP, à l’initiative de Billie Jean King.

Le circuit professionnel tel qu’entendu par l’ATP est plus difficile à gérer pour un athlète qu’il ne l’était antérieurement à l’ère Open. Cela explique le besoin de distinguer entre les deux périodes. Aussi, sur les sept victoires de William Renshaw à Wimbledon, six l’ont vu directement qualifié pour la finale (le tenant du titre n’avait par conséquent qu’un match à disputer pour à nouveau remporter le tournoi). Bien qu’impressionnant, cet accomplissement peut difficilement être vu de la même manière que les huit titres de Federer.

Les Champions de l’entre-deux

Certains joueurs ont connu une carrière qui a appartenu aux deux ères. Ainsi, Ken Rosewall, Rod Laver ou encore Margaret Court ont tous remporté des Grand Chelems avant et après l’ère Open. Dans leur cas, la distinction est à la fois positive et négative.

En effet, Margaret Court et Roy Emerson ont fait le choix de ne pas être professionnels avant le début de l’ère Open, pour pouvoir disputer les Grand Chelems. Pour cette raison, Margaret Court est aujourd’hui la joueuse la plus titrée en majeurs, toutes catégories confondues (24). Mais parmi ces vingt-quatre titres, douze ont été remportés sur le circuit amateur. Par conséquent, les vingt-trois titres du Grand-Chelem de Serena Williams paraissent encore plus extraordinaires.

De la même manière, on met souvent en avant le Grand Chelem de Laver réalisé en 1969, après le début de l’ère Open, par rapport à celui datant de 1962, sur le circuit amateur. Les règles font que le plus récent est encore plus significatif du talent du champion.

Les championnes de l’ère Open

Serena Williams (Getty Images/Asia Pac)

En vigueur depuis 1968, l’ère Open a produit un nombre incroyable de légendes du jeu. Chez les dames, outre Margaret Court, deux joueuses ont dépassé le nombre affolant de vingt Grand-Chelems: Serena Williams (23) et Steffi Graff (22).

L’Américaine défie tous les records et écrase la concurrence lorsqu’elle est présente sur le circuit. La longévité de sa carrière fait qu’elle collectionne les exploits. Par exemple, Serena Williams est la seule personne dans l’histoire du jeu à avoir gagné dix titres du Grand-Chelem sur deux décennies.

D’autres joueuses au palmarès incroyable ont égayé l’ère Open comme Steffi Graf, qui a réalisé le Grand Chelem en 1988, Chris Evert ou Martina Navratilova qui comptent toutes deux dix-huit Grand-Chelems ou encore Monica Seles, Billie Jean King, et Venus Williams.

Les Champions de l’ère Open

Chez les hommes, c’est aussi pendant l’ère Open qu’une grande partie des prétendants au titre de meilleur joueur de l’histoire ont évolué. Pendant longtemps, Pete Sampras a été considéré comme le plus grand joueur de tennis de tous les temps, au même titre que Rod Laver, avant l’arrivée de Roger Federer et Rafael Nadal.

Depuis 2003, nous avons la chance de suivre les innombrables succès de ces deux extra-terrestres. Leur rivalité est l’une des plus prolifiques du sport en général et a produit des matchs d’anthologie. Si le Majorquin mène dans les face à face, c’est bien le Suisse qui détient le plus de Grand Chelems. Federer a remporté en Australie son vingtième tournoi du Grand Chelem, ce qu’il fait qu’il détient à présent 10% de tous les tournois majeurs disputés dans l’Ère Open. Avant eux, Borg, Laver, Lendl, Connors et Wilander ont aussi fait rêver les spectateurs. Après eux, d’autres s’en chargeront.

Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Surlebanc.ca, un média sportif hors du commun. Notre but : parler d'actualité, de conflits sociaux et d'enjeux culturels et même politiques que nous offre le sport!

Facebook

Copyright © 2015 Flex Mag Theme. Theme by MVP Themes, powered by Wordpress.

Retour en haut