Royal de Montréal

Défi AUDL 2018; mouvement de boycott

Megan Tormey et le commissaire de l'AUDL, Steve Gordon. Crédit - Ultiworld

Dans une précédente chronique, nous avons traité des défis financiers qu’auront à relever l’AUDL et ses franchises pour les saisons à venir.

Un autre défi se dresse actuellement face à l’AUDL; un mouvement de boycott de ses joueurs et de ses supporteurs.

L’enjeu; l’équité des genres

La culture du ultimate valorise l’équité des genres. Les organisations gérant le sport sont très sensibles à l’égalité des divisions féminine et masculine. De plus, la division mixte est une particularité unique du ultimate qui distingue le sport des autres disciplines. Rappelons que le volet mixte est un des deux éléments-clés qui ont permis au sport d’être reconnu par le CIO (Comité International Olympique).

L’AUDL est un circuit masculin. Et c’est ce qui est reproché aux dirigeants du circuit. On leur reproche de ne promouvoir que la version masculine du sport et, par conséquence, de dévaluer les athlètes féminines le pratiquant.

Une pétition pour un boycott

Une pétition circule actuellement sur les médias sociaux invitant les joueurs de l’AUDL et les fans à boycotter la prochaine saison de l’AUDL. Ce mouvement est mené entre autre par la seule joueuse qui a une saison dans l’AUDL à son actif, Jesse Shofner. Les autres leaders de ce mouvement sont des joueurs de l’AUDL et des joueuses élites du circuit nord-américain. La pétition comptait jusqu’à maintenant près de 600 signatures.

Le groupe réclamant un boycott affirme que l’AUDL n’est pas assez ambitieuse pour promouvoir l’équité des genres.

La réponse de l’AUDL

Compte tenu de l’ampleur que prend le mouvement, l’AUDL a été contrainte de répondre. Dans une lettre publiée le 10 décembre dernier, le commissaire Gordon a annoncé les actions qui seront prises au cours de la prochaine saison et des années à venir pour promouvoir l’équité. Parmi ses actions, on dénote la diffusion de 7 à 9 matchs féminins. On note aussi la coordination de cliniques de développement animées par un personnel à 50% ou plus féminin. L’AUDL a aussi affirmé qu’elle n’envisageait pas changer son circuit masculin en circuit mixte. La création d’un circuit féminin parallèle n’est pas non plus dans les plans.

Une chose est certaine; l’auditoire de l’AUDL repose encore beaucoup sur la communauté pratiquant le sport. Un mouvement de la sorte doit être pris avec considération pour éviter un impact négatif sur les amateurs.

Le mouvement de boycott a publié une lettre en réponse à celle de l’AUDL réclamant entre autre un plan d’action précis menant à l’équité des genres.

L’impasse dans les discussions

D’un côté, l’AUDL est composée de franchisés passionnés qui cherchent une pérennité financière passant par un modèle d’affaire défini. De l’autre, aussi des passionnés du sport qui croient que l’équité des genres est un principe incontournable.

L’AUDL a, depuis six ans et malgré le chemin qui reste a être parcouru, offert au ultimate une visibilité sans précédent dans les médias. L’apport du circuit auprès des jeunes et des communautés d’ultimate partout en Amérique est indéniable et substantiel. Toutefois, l’AUDL est organisation qui n’est redevable qu’envers ses franchisés.

De l’autre côté, Shofner et son groupe défendent une vision qui distingue l’ultimate des autres sports. Cette vision est défendue depuis de nombreuses années et a pris de l’ampleur dernièrement avec le mouvement #moiaussi.

Il n’en reste pas moins que la promotion d’un principe reste une intention. Il y a un marge entre « promouvoir l’équité » et « être équitable ». À ce stade-ci, il est difficile de croire que le mouvement de boycott aura un impact significatif sur le nombre de joueurs de l’AUDL que sur les amateurs. Toutefois, ce mouvement aura eu au pire le bénéfice de mettre de l’avant l’enjeu de l’équité.

Difficile de prévoir l’impact à court et long terme qu’aura ce débat. L’AUDL deviendra-t-elle pionnière en terme d’équité des genres dans les sports d’équipes ? C’est à suivre.

 

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