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L’égalité des sexes dans le sport n’existe pas


Bienvenue en 2017. Les femmes ont le droit de vote depuis belle lurette. Un homme un foyer, y’a pas de stress. Ma boss, c’est une femme, ça me fait plaisir et en plus elle me donne des chocolats à Noël. Encore du travail à faire, mais c’est indéniable, nous avons avancé.

Maintenant, ouvre ta télé, change de poste, promène-toi un peu pis dis-moi si tu vois Ann-Sophie Bettez des Canadiennes de Montréal la mettre dedans. Attends, tu vois peut-être Sylvia Fowles, MVP de la WNBA, dunker. Non?

Après de minutieuses analyses, j’ai répertorié deux raisons pour expliquer leurs absences :

  1. T’as pas le câble.
  2. Ma favorite : L’égalité des sexes dans le sport n’existe pas.

Une minute papillon, je ne dis pas que c’est une bonne chose, ou que c’est légitime, mais bien qu’il y a un débalancement au sein des sports en 2017.

Pourtant, je peux vous assurer que les deux athlètes mentionnées ci-haut patinent plus vite, et sautent plus haut que moi, et plus que toi aussi.

Bref, je me suis demandé en quoi les hommes et les femmes étaient-ils si différents en ce qui a trait aux sports. Oui Sherlock, la différence physique reste manifeste la plupart du temps, mais est-ce que le sport s’arrête vraiment à ta carrure? Qu’est-ce qui justifie une échelle salariale si opposée entre les deux sexes?

Fait par les hommes, pour les hommes

Si tu me demandes, les athlètes féminines sont aussi talentueuses, sinon plus encore que les hommes. Cependant, leurs attributs sont beaucoup moins mis en évidence dans le sport moderne.

On ne va pas se mentir, une grande majorité des sports ont été conçus à l’époque où les hommes allaient «chasser» pendant que la femme préparait la table. Ce n’est pas Jasmine qui a inventé le hockey, c’est James Creighton. Ce n’est pas Stéphanie qui a décidé c’était quoi le basket, c’est un autre James, Dr James Naismith. Pareil pour le football américain, ce n’est pas Isabelle qui en a construit les bases, c’est Walter Camp. Vous comprenez mon point, ce sont des sports faits par  des hommes, pensés pour des hommes.

Bien évidemment, aucun des James, ni Walter n’a pensé qu’un jour, des femmes pratiqueraient leur sport. Donc en établissant les fondements, ils ont mis l’accent sur les caractéristiques davantage attribuées aux hommes : vitesse, force, saut, endurance, etc.

Attention.

Je suis parfaitement conscient que n’importe quelle femme peut détenir ces attributs. Si ma voisine court plus vite que moi, high five. Cependant, une certaine généralisation physique s’est installée depuis nos millénaires d’existence, pas le choix de l’admettre.

Tout ça pour dire que la plupart des sports sont biaisés à la base et voués à mettre en valeur l’homme plutôt que la femme. L’égalité entre les sexes au niveau du sport n’existe pas. C’est un peu comme au casino, le dealer a plus de chance de gagner, c’est SON jeu.

Réalité sociale

Une autre partie du problème commence plus jeune en inculquant le principe que le sport, c’est pour les gars. Très tôt, il y a un accent qui est mis sur la performance sportive des garçons, et donc une éducation en conséquence pour atteindre les attentes fixées à leurs endroits.

À Noël, si tu es un petit gars de sept ans, tu reçois un ballon de foot et tu vas le lancer dans la cour avec papa. Si tu es une petite fille, tu reçois une Barbie et maman t’apprends à la coiffer. Clairement, si ça commence d’une manière si inégale, difficile de rectifier le tir. C’est une génération (beaucoup plus qu’une en fait) entière d’enfants qui furent élevés sous ce principe archaïque. C’est le temps que les parents réalisent que le bleu, ça peut aussi plaire aux filles et que le rose, même les gars peuvent aimer ça.

Je pense qu’en 2017, je devrais pouvoir dire à quelqu’un qu’il lance comme une fille sans que ça soit considéré comme une insulte.

On jase là. Au bout de la ligne, ça change quoi ? Les hommes jouent contre les hommes, les femmes contre les femmes. Big deal.

Westbrook a signé un contrat de cinq ans pour 205 millions y’a pas si longtemps. La MVP de 2016 dans la WNBA, Nneka Ogwumike, a fait 95 000$ la saison dernière, c’est ça le big deal. Même job, des dizaines de millions en différence.

Tu le sais, je le sais, le gars de l’autre bord de la rue le sait, la WNBA ne fera jamais autant de profit que la NBA. Les hommes sont tout simplement plus impressionnants à voir jouer. Les spectateurs désirent assister aux meilleures prestations possibles, et les femmes ne rivalisent pas avec les hommes dans un sport conçu exclusivement avec le skill set de ceux-ci à l’esprit.

Possibilités

Peu à peu, les femmes se démarquent de plus en plus dans un univers sportif dominé par les hommes. On commence à voir des femmes entraîner des joueurs professionnels, des arbitres féminines et même des joueuses qui tentent le calibre élite masculin.

WHAT A TIME TO BE ALIVE !

Cependant, la route demeure encore longue si on vise une équité salariale. D’un autre côté, de plus en plus de sports mettent en évidence les femmes : tennis, golf, patinage de vitesse, gymnastique, et j’en passe. Le sport élite féminin vit présentement une augmentation fulgurante par rapport aux dernières décennies. Dans le même ordre d’idées, les athlètes olympiques féminines sont autant admirées que les athlètes olympiques masculins. En fait, même que les vainqueurs d’un Grand Chelem au tennis remportent la même bourse, homme ou femme.

De plus, si les gens ne portaient attention qu’à la crème de la crème dans tous les sports, il n’y aurait aucune catégorie. Par exemple, si Mayweather se battait contre un poids lourd, il se ferait probablement démolir. Les partisans ne sont pas stupides, personne ne veut voir un combat entre Manny Pacquiao et Mike Tyson. Par contre, ils apprécient les deux boxeurs dans leur catégorie respective.

Médias

Permettez-moi une parenthèse sur les médias dans l’optique d’une égalité des sexes au niveau du sport. C’est facile de critiquer en mentionnant que c’est moins excitant que les hommes. Oui, c’est certain qu’avec un budget moindre, on perd des angles de vue, on perd l’instant replay, on perd un facteur d’excitation. Donc oui, on perd aussi une qualité de projection importante pour soulever les foules. Ce n’est pas pour rien que c’est une équipe d’une centaine de personnes qui gère les parties des Habs. Sans oublier que rares sont ceux qui ont la chance d’assister à un match de haut niveau regroupant des athlètes féminines, il y en a malheureusement moins, et sont moins médiatisés.

Je suis d’accord, c’est très dommage d’être aussi talentueuse sans être financièrement récompensé comme un homme l’est, mais c’est malheureusement la nature des sports à grande audience.

 

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