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La vitesse est de mise pour freiner l’exploitation sexuelle

Du vendredi 9 au dimanche 11 juin, Montréal accueillera encore une fois cette année le Grand Prix du Canada.  C’est un événement sportif de grande importance qui fait découvrir la métropole à beaucoup de touristes venant de partout à travers le globe.  Bien sûr, la principale attraction de la fin de semaine est la course de Formule 1 qui se tiendra au circuit Gilles Villeneuve.  Cette compétition est encore plus captivante cette année puisque le jeune pilote québécois très prometteur, Lance Stroll, participera pour la première fois au Grand Prix du Canada.

Outre la tant attendue course de F1, il y a plusieurs activités très «glamour» durant ces trois jours.  Le festival du Grand Prix sur la rue Crescent sera encore très animé cette année.  Plusieurs activités reliées à la F1 y seront présentées (concours d’arrêt aux puits, parades, spectacles, etc.).  Les touristes seront présents pour voir cet événement grandiose qui prouve Montréal est une grande métropole.  Beaucoup de célébrités québécoises et d’ailleurs seront présentes et participeront à plusieurs activités.  C’est un moment parfait pour les propriétaires de restaurants et de bars puisque ce sera probablement, pour eux, les jours les plus lucratifs de l’année.  En somme, cela semble être un weekend rêvé pour tout le monde.

Mais qu’en est-il de l’exploitation sexuelle derrière cet événement d’envergure internationale ?  

Les services sexuels auprès des femmes sont énormément en demande durant cette période de l’année à Montréal.  Les femmes offrant des services sexuels illégaux sont beaucoup plus sollicitées.  Pour prouver ce côté nébuleux du Grand Prix, le Journal de Montréal a publié une annonce sur Kijiji, il y a environ une semaine, où il se faisait passer pour une jeune femme de 19 ans qui se cherchait un emploi de serveuse dans un bar.  Il n’y avait aucune proposition de services sexuels dans l’annonce.  Malgré cela, plusieurs hommes ont contacté la fausse jeune fille pour lui demander des services sexuels, des prises de photos, des publicités pour attirer des clients, etc.  Cette expérience est très alarmante pour n’importe quelle femme qui est présente autour des célébrations du Grand Prix.

Au cours de la dernière année, les fugues de jeunes filles résidant dans des centres jeunesse ont augmenté de façon considérable.  Beaucoup d’entre elles fuguent pour rejoindre des proxénètes.  Les centres jeunesse et les familles des adolescentes y vivant sont très inquiets de la venue du Grand Prix car le tourisme sexuel n’affecte pas seulement les femmes mais aussi les adolescentes.  Pour répondre à la demande énorme, les proxénètes n’hésitent pas à entourlouper des mineures pour s’en servir comme objets sexuels.

Depuis plusieurs éditions, les Femen, ce groupe féministe qui pose souvent des gestes choquants pour changer les choses, sont très présentes et manifestent contre l’exploitation sexuelle présente au Grand Prix du Canada.  Elles perturbent également beaucoup les activités entourant cet événement et le SPVM ne se gêne pas pour les arrêter.  Encore cette année, une Femen a été arrêtée lors d’un rassemblement soulignant les 50 ans du Grand Prix et le 375e anniversaire de la ville de Montréal.

En mai dernier, Denis Coderre, le maire de Montréal, voyant les problèmes urgents d’exploitation sexuelle durant l’événement sportif, a demandé au Conseil des Montréalaises d’étudier ce fléau pendant trois ans, pour des solutions et des recommandations à Montréal ensuite.  Espérons que cette démarche (trop longue à mon humble avis) pourra aider le maire à mettre en œuvre des actions concrètes pour arrêter cette pratique trop courante.

Ce qui me frustre le plus avec le Grand Prix de Montréal, c’est que la ville promeut cet événement comme une représentation de la grandeur de la métropole mais on ne s’attaque pas à un problème qui, pour ma part, va au-delà du sport.  Malgré que je ne sois pas un grand amateur de F1, je peux comprendre l’effervescence entourant un événement de cette importance mais je crois qu’il serait bien de se soucier de ce fléau en faisant la fête sur Crescent.  La couverture médiatique entourant le Grand Prix pourrait également être amélioré.  Les journaux, les chaînes de télévision et les stations de radio rapportent les nombreuses célébrations qui ont lieu et les arrestations des Femen.  Cela donne l’impression à la population qu’elles sont là seulement pour déranger et que la cause qu’elles défendent n’est pas importante.

Un boycott n’est peut-être pas la solution mais une plus grande prévention pourrait sauver la vie des milliers de jeunes filles.

CRÉDIT PHOTO : Radio-Canada

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